Hypothyroïdie ou hyperthyroïdie : comprendre les dysfonctionnements du système hormonal

par | Jan 23, 2026

Fatigue persistante, variations de poids inexpliquées, frilosité ou nervosité, troubles digestifs, brouillard mental… Ces signes sont souvent banalisés, et attribués au stress ou au rythme de vie. Pourtant, ils peuvent parfois révéler un déséquilibre plus profond du système hormonal, notamment au niveau de la thyroïde.

Lorsqu’il est question d’hypothyroïdie ou hyperthyroïdie, la réponse se limite trop souvent uniquement à un chiffre sur une prise de sang, la TSH. De nombreuses personnes ont un résultat d’analyses normal. Pourtant, elles ne sentent pas bien et ne comprennent donc pas pourquoi.

Dans cet article, tu vas découvrir :

  • la différence entre hypothyroïdie et hyperthyroïdie, au-delà des définitions classiques,
  • pourquoi les symptômes peuvent être subtils, fluctuants ou incomplets,
  • les limites d’une lecture uniquement basée sur la TSH,
  • et comment le stress, la digestion, le foie et les micronutriments influencent le fonctionnement thyroïdien.

L’objectif n’est pas de poser un diagnostic. Cet article peut t’aider à mieux comprendre ton corps, et à adopter une lecture plus globale des déséquilibres thyroïdiens.

symptômes hypothyroïdie

Hypothyroïdie ou hyperthyroïdie : deux déséquilibres d’un même système

La thyroïde est une petite glande située à la base du cou, à ne pas juger par sa taille ! C’est en effet le chef d’orchestre de notre corps. Elle agit comme un régulateur du métabolisme. Elle influence l’énergie, la température corporelle, le transit, le poids, le système nerveux et l’équilibre hormonal global.

La différence entre l’hypothyroïdie et l’hyperthyroïdie repose essentiellement sur le rythme :

  • Hypothyroïdie : la thyroïde fonctionne au ralenti
  • Hyperthyroïdie : la thyroïde fonctionne en surrégime

Sur le papier, la distinction est claire. Dans le corps, elle l’est parfois beaucoup moins.

L’organisme est capable de compenser longtemps avant de montrer des signes biologiques évidents. C’est pourquoi de nombreux déséquilibres thyroïdiens passent inaperçus pendant des années.

A savoir que l’ennemi numéro un de notre chef d’orchestre hormonal est le stress. Des années de stress chronique peuvent ainsi épuiser la thyroïde, ce qui entrave sa capacité à réguler le métabolisme.

Hypothyroïdie et hyperthyroïdie : quels symptômes doivent alerter ?

Les symptômes sont souvent le premier signal d’alarme, bien avant les analyses.

Chez certaines femmes, la grossesse, le post-partum ou toute période de forte sollicitation du corps peut révéler un déséquilibre thyroïdien latent. Selon la personne, cela peut se manifester par une tendance à l’hypothyroïdie ou à l’hyperthyroïdie. Fatigue intense, stress accumulé, baisse d’énergie… le corps puise alors dans ses réserves et expose des fragilités jusque-là silencieuses. Il est donc important de rester attentif aux signaux, même subtils.

Symptômes fréquents de l’hypothyroïdie

Les symptômes de l’hypothyroïdie traduisent un ralentissement global de l’organisme :

  • Fatigue chronique, sensation d’épuisement dès le réveil
  • Frilosité, mains et pieds froids
  • Prise de poids progressive malgré une alimentation stable
  • Constipation, digestion lente
  • Peau sèche, chute de cheveux, ongles cassants
  • Brouillard mental, difficulté de concentration
  • Cycles menstruels irréguliers ou plus abondants

Tous ces signes ne surviennent pas systématiquement et peuvent être très subtils. Certaines personnes ne présenteront qu’une fatigue inexpliquée, d’autres une frilosité, ou encore de légers troubles digestifs. L’important est de rester à l’écoute de son corps et de ses variations, même lorsqu’elles semblent anodines.

Chez la femme, ces signes sont parfois banalisés, notamment en période de post-partum, de surcharge mentale, de péri ménopause ou de stress chronique.

Symptômes fréquents de l’hyperthyroïdie

À l’inverse, l’hyperthyroïdie accélère les fonctions corporelles :

  • Nervosité, irritabilité, anxiété
  • Palpitations, cœur qui s’emballe
  • Perte de poids involontaire
  • Sensation de chaleur, transpiration excessive
  • Tremblements, agitation
  • Troubles du sommeil

Il arrive que certains symptômes se chevauchent, ce qui rend le diagnostic compliqué.

Fonctionnement thyroïdien : hypothyroïdie = ralenti, hypertjyroïdie = surrégime

Comment savoir si j’ai une hypothyroïdie ou une hyperthyroïdie ?

Il n’existe pas de test unique permettant de déterminer à lui seul si l’on souffre d’hypothyroïdie ou d’hyperthyroïdie. Seul un médecin ou endocrinologue est habilité à poser ce diagnostic. Il va s’appuyer sur les analyses biologiques et l’examen clinique.

L’identification d’un déséquilibre repose sur une lecture croisée :

  1. Les symptômes ressentis : fatigue, variations de poids, humeur, digestion…
  2. Les analyses biologiques : TSH, T3, T4, anticorps anti-TPO, … parfois au-delà des normes, toujours interprétées par un professionnel de santé
  3. Le contexte de vie : stress chronique, rythme de vie, grossesse ou post-partum, épuisement, charge mentale

Certaines personnes peuvent présenter des symptômes mais leurs analyses restent dans les normes du laboratoire. Ces situations montrent l’importance de suivre un diagnostic médical tout en observant attentivement son corps et son mode de vie. On va les appeler formes frustes ou fonctionnelles.

Le médecin s’assure de la surveillance biologique et du diagnostic. D’un autre côté, l’observation des signaux corporels et du contexte de vie permet de mieux comprendre et gérer les déséquilibres subtils. Ensemble, ces éléments offrent une lecture plus complète du fonctionnement thyroïdien, au-delà des seuls chiffres de laboratoire.

Hypothyroïdie, hyperthyroïdie et TSH : comprendre les taux sans les surinterpréter

La TSH est généralement le premier marqueur analysé. Elle est produite par l’hypophyse et agit comme un signal envoyé à la thyroïde.

De manière schématique :

  • TSH élevée → tendance hypothyroïdienne
  • TSH basse → tendance hyperthyroïdienne

Mais la réalité est plus nuancée.

Quand la seule lecture de la TSH ne suffit pas

Les normes biologiques ne sont pas établies sur des critères de bien-être individuel ou de fonctionnement optimal. Elles le sont à partir de moyennes statistiques.

Deux personnes présentant une TSH identique peuvent pourtant avoir un métabolisme thyroïdien très différent.

C’est pourquoi se focaliser uniquement sur le taux de TSH pour évoquer une hypothyroïdie ou une hyperthyroïdie peut être réducteur. La TSH est un indicateur précieux, mais elle ne renseigne pas toujours sur la disponibilité réelle des hormones thyroïdiennes au niveau des tissus.

Dans certains cas, la thyroïde produit des hormones en quantité suffisante, mais leur conversion ou leur utilisation par l’organisme est altérée. Le fonctionnement thyroïdien peut alors être perturbé malgré des valeurs biologiques situées dans les normes de laboratoire.

Chaque corps possède sa propre capacité d’adaptation. Des valeurs identiques peuvent correspondre à un équilibre satisfaisant chez une personne, et à un déséquilibre fonctionnel encore silencieux chez une autre.

Le terrain individuel, le stress chronique, le mode de vie, les périodes de forte sollicitation comme la grossesse ou le post-partum, et même la capacité de l’organisme à convertir correctement les hormones, influencent fortement le fonctionnement de la thyroïde.

Lorsqu’il existe un doute, il est souvent pertinent, sous supervision médicale, de compléter l’analyse avec les dosages de T3, T4, et éventuellement les hormones inverses (T3 reverse, T4 reverse) pour obtenir une lecture plus complète. Cela permet de mieux comprendre la situation, même lorsque la TSH reste dans les normes classiques, et d’ajuster le suivi en conséquence.

Conversion hormonale thyroïdienne et rôle du foie et des micronutriments

Peut-on passer de l’hypothyroïdie à l’hyperthyroïdie ?

Il est possible d’avoir du mal à comprendre les résultats d’analyses. La TSH fait le yoyo, et on se retrouve à passer d’une hypothyroïdie à une hyperthyroïdie (ou vice versa).

Cela peut s’observer notamment :

  • dans certaines maladies auto-immunes
  • lors de phases inflammatoires
  • en fonction du stress ou de la fatigue du système nerveux
  • lors d’ajustements ou de traitements

Le système hormonal n’est pas figé. Il évolue, s’adapte, compense, et ce, parfois, au prix d’un déséquilibre temporaire.

Hypothyroïdie et hyperthyroïdie en même temps : est-ce possible ?

Par ailleurs, au sens strict, on ne peut pas être simultanément en hypothyroïdie et en hyperthyroïdie.

En revanche, il est fréquent de ressentir :

  • des symptômes d’accélération (anxiété, palpitations)
  • associés à des signes de ralentissement (fatigue, frilosité)

Ce paradoxe s’explique souvent par :

  • une mauvaise adaptation hormonale
  • un système nerveux sursollicité
  • une conversion hormonale inefficace

Pourquoi peut-on aller mal avec des analyses thyroïdiennes normales ?

C’est ici qu’intervient la notion d’hypothyroïdie fruste, parfois appelée hypothyroïdie fonctionnelle.

Dans ces situations :

  • la TSH est dans les normes biologiques
  • les analyses ne déclenchent pas d’exploration complémentaire
  • mais les symptômes persistent

Ce type de dysfonctionnement thyroïdien fonctionnel mérite une lecture élargie, complémentaire au suivi médical.

Sans poser de diagnostic médical, l’approche naturopathique distingue souvent :

  • les normes de laboratoire
  • des normes de santé fonctionnelle, propres à chaque individu

Ce décalage explique pourquoi certaines personnes se sentent mal alors que « tout va bien » d’un point de vue analyses.

Thyroïde, foie et conversion hormonale : un maillon clé souvent négligé

Le fonctionnement thyroïdien ne dépend pas uniquement de la glande elle-même, mais aussi du foie, de l’intestin et du système nerveux. Ainsi, produire des hormones thyroïdiennes ne suffit pas. Encore faut-il qu’elles soient correctement activées.

Une grande partie de cette activation dépend du foie. Si la conversion est inefficace, l’organisme peut produire ou recevoir des hormones sans en tirer pleinement bénéfice. Et ce, même s’il y a un traitement en place comme le Levothyrox.

C’est une des raisons pour lesquelles certaines personnes continuent à présenter des symptômes malgré des analyses rassurantes. Produire une hormone n’est pas synonyme de savoir l’utiliser.

Lecture naturopathique des déséquilibres thyroïdiens

La thyroïde ne se résume pas à la production d’hormones. Pour fonctionner correctement, elle dépend de nombreux cofacteurs micronutritionnels, mais aussi de la capacité de l’organisme à les absorber, les transformer et les utiliser.

Au-delà de la conversion hormonale réalisée en grande partie par le foie, le fonctionnement thyroïdien est étroitement lié :

  • à l’état digestif et intestinal, qui conditionne l’absorption des micronutriments,
  • à l’équilibre hépatique, impliqué dans la transformation hormonale,
  • à la charge de stress chronique, qui sollicite fortement l’axe neuro-hormonal,
  • à la fatigue nerveuse et hormonale,
  • au rythme de vie global (sommeil, récupération, sollicitations).

C’est dans cette lecture d’ensemble que s’inscrit l’approche naturopathique. Elle ne pose pas de diagnostic médical et ne se substitue jamais au suivi réalisé par le médecin ou l’endocrinologue.

En naturopathie, l’objectif n’est pas de corriger un chiffre isolé, mais de soutenir l’équilibre thyroïdien global de la personne. Son rôle est d’accompagner le terrain en soutenant les grandes fonctions de l’organisme. Il favorise ainsi un meilleur équilibre fonctionnel, dans le respect du rythme et des capacités d’adaptation propres à chaque personne.

Hypothyroïdie ou hyperthyroïdie : remettre du sens derrière les chiffres

Les troubles thyroïdiens ne se résument pas à une valeur sur une prise de sang.
Ils s’inscrivent souvent dans une histoire plus large : fatigue accumulée, stress chronique, digestion fragilisée, périodes de forte sollicitation du corps comme la grossesse ou le post-partum.

Lorsqu’il est question d’hypothyroïdie ouhyperthyroïdie, la TSH, les hormones T3 et T4, ainsi que certains marqueurs complémentaires sont des outils précieux. Mais ils prennent pleinement sens lorsqu’ils sont replacés dans le contexte de vie global. Lorsque des symptômes persistent malgré des analyses jugées normales, élargir la lecture permet parfois de mieux comprendre ce que ton corps cherche à exprimer, sans jamais sortir du cadre médical.

Si tu te reconnais dans ces situations et que tu ressens le besoin d’y voir plus clair, un accompagnement global peut t’aider à mieux comprendre ton fonctionnement hormonal, à identifier les leviers sur lesquels agir et à avancer de façon plus sereine, en complément de ton suivi médical.

Comprendre le fonctionnement de ta thyroïde, ce n’est pas chercher une étiquette à tout prix, mais reprendre une place active dans ta santé et ton bien-être.

Comprendre et soutenir votre thyroïde pour un meilleur bien-être

Ecrit parJustine

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